IRAHOU Kombo Francis: ''la mangue et la noix de cajou sont véritablement méconnues''
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 IRAHOU Kombo Francis: ''la mangue et la noix de cajou sont véritablement méconnues''

IRAHOU Kombo Francis: ''la mangue et la noix de cajou sont véritablement méconnues''

Interview réalisée par Didier N'Doli, envoyé spéci | Lu 1203 fois | Publié

Chef lieu de Département et dernière ville ivoirienne avant la Guinée, Odienné, avec plus de 21 000 kilomètres carré et située à l'Est du massif du Denguélé, a les atouts de son industrialisation. IRAHOU Kombo Françis, Directeur de l'Industrie dans la région du Denguélé a bien voulu nous donner plus d'éclairage sur la ville d'Odienné qui désormais veut s'afficher comme la locomotive de l'industrie au Nord de la Côte d'Ivoire.

RTI.CI: Le Ministère de l'Industrie en Côte d'Ivoire, c'est 19 régions dont celui du Denguélé précisément Odienné dont vous avez la charge. quel pourcentage le Denguélé représente t-il dans l'industrie ivoirienne? M. IRAHOU Kombo Françis: Je voudrais, au nom de Monsieur le Ministre de l’Industrie vous dire merci pour l’opportunité que vous m’offrez ce jour pour parler de l’Industrie dans les Régions du KABADOUGOU et du FOLON qui composent aujourd’hui le District du Denguélé. Ce District a d’énormes potentialités susceptibles de conférer à l’industrialisation amorcée, un taux plus élevé que celui qui prévaut actuellement, et qui n’est que de 1,5% de l’Industrie ivoirienne. Pouvez-vous nous dire, quelles sont les types d'industries installés dans le Denguélé? Depuis la réouverture de la Direction Régionale de l’Industrie du KABADOUGOU en avril 2009, nous nous sommes attelés à identifier l’existant. Ce sont essentiellement des unités agro- industrielles qui ont été recensées. Ainsi, à Odienné, il y a une usine de traitement de l’anacarde dénommée SITA (Société Ivoirienne de Traitement d’Anacarde). De même à Seydougou, Commune située dans le Département de GBELEBAN, il existe une petite unité de décorticage d’anacarde appelée ECOBAC. Au niveau des mangues, du gingembre et de l’ananas, il existe la société COFRUNO (Conditionnement des Fruits du Nord). Il convient par ailleurs de signaler que dans le cadre du Programme riz, certaines structures attendent d’être réhabilitées pour la reprise de leurs activités. Quelles dispositions pratiques ont été prises par votre direction pour l'installation des usines et autres industries dans votre département? Je voudrais d’emblée vous souligner que notre zone de compétence couvre deux Régions Administratives, soit sept (07) Départements : La Région du Kabadougou qui comprend les Départements d’ODIENNE, de GBELEBAN, de SEGUELON, de MADINANI et de SAMATIGUILA. La Région du Folon qui regroupe les Départements de MINIGNAN et de KANIASSO. Pour revenir à votre question, il est important de signaler que ces deux Régions sont de grandes productrices de mangues, d’anacarde, de maïs et de riz. Tous ces produits sont susceptibles d’être transformés par des unités industrielles. Depuis notre prise de fonction, nous avons d’abord cherché à identifier des porteurs de projets, puis à mettre en œuvre la politique d’incitation à la création des industries, particulièrement des unités de transformation des produits dont nous avons parlé tantôt. Cette politique s’est heurtée à une réticence de la plupart des cadres qui bien qu’ayant les possibilités matérielles et financières, préfèrent investir dans le ‘’sud’’ du pays. Après la crise post électorale et le retour progressif de la normalité, la Direction Régionale de l’Industrie amplifie son action d’accompagnement de l’initiative de Développement communautaire Yerêlon yeresson qui œuvrait dans un principe de self help. Cette initiative a à son actif, aujourd’hui une unité de traitement de mangues, de gingembre et d’ananas. Elle vient même de bénéficier de la Direction des cantines scolaires d’une unité de fabrication d’attiéké. Par ailleurs, il est à souligner que la plupart des jeunes porteurs de projets se heurtent à un problème de financement. Nous souhaiterons au Ministère de l’Industrie, résoudre ce problème de financement avec le fonds jeune que le Gouvernement envisage de mettre à la disposition de la jeunesse. Denguélé, un département au cœur du Nord de la Côte d'Ivoire grâce à ses mangues, son anacarde et ses ignames. Comment ce trio est-il vu du côté du Ministère de l'industrie pour permettre une émergence aisée de la Côte d'Ivoire? Deux produits de ce trio, à savoir l’anacarde et la mangue connaissent déjà un début de transformation grâce respectivement à la société SITA et COFRUNO. Le PAP (Programme d’Action Prioritaire) 2013-2015 de notre Direction Régionale prend en compte ces deux produits. Il s’agira d’accompagner les entreprises qui transforment ces produits à leur mise sur le marché local et celui de la sous région d’une part, et d’autre part les marchés de l’Union Européenne et américain. L'économie de la région est organisée autour de l'agriculture et des agro-industries telles que les 4 264 tonnes de production d'anacarde depuis 1998, (12 851 t) de coton, et (104 328 t) des ignames... quelles ont été et quelles sont selon vous les impacts de ces productions sur les populations du Denguélé? Ce sont les piliers de l’économie du District du Denguélé mais leur commercialisation est très souvent en deçà des espoirs des populations et la filière de l’anacarde en particulier a besoin d’une réorganisation. Il s’agit d’une réorganisation qui doit permettre aux paysans de bénéficier du fruit de leur labeur et à la jeunesse de trouver des emplois. De Ouelli ou Welly à Kaniasso, où l'on trouve l'extraordinaire campement de Mobiramadougou situé sur un sommet, où poussent de nombreux fruits et légumes, pensez vous que l'industrialisation devrait se joindre au tourisme pour un développement harmonieux de la Côte d'Ivoire? C’est une piste à explorer. Des sites touristiques peuvent attirer des investisseurs au niveau de l’Industrie. Nous nous proposons de rencontrer dans les prochains jours, le Directeur Régional du Tourisme pour élaborer une stratégie commune de redynamisation de l’Industrie et du Tourisme dans nos zones de compétence respectives. L'arrivée de la première dame à Odienné ville du Karité est-elle un atout pour l'industrie? Qu'attendez vous principalement de la visite de la première dame? La Première vient à Odienné dans le cadre de la fête des Mères. Mais cette visite est tout de même une aubaine pour les populations du District du Denguélé et plus particulièrement pour les femmes. Les femmes de Kamatéla qui disposent d’une unité de fabrication d’attiéké non fonctionnelle peuvent espérer acquérir grâce à cette visite, le matériel nécessaire pour le démarrage de leurs activités. Quant aux Potières d’Odienné, elles ont un besoin pressant d’un four afin d’accroitre leurs productions. Plus généralement, tous les groupements de femmes réunis au sein du COFED fondent un espoir en la venue de la Première Dame dans le District du Denguélé. A l’instar de leurs sœurs de Man, elles souhaitent le renforcement de leur capacité de production pour être plus compétitives. Les mangues, l'anacarde et les ignames puis le Karité , quel planification pour un développement des ses produits méconnus et mal commercialisé en Côte d'Ivoire ? En tant que matières premières, la mangue et la noix de cajou sont véritablement méconnues. C’est dans de rares rayons de super marchés d’Abidjan que l’on retrouve les produits de la mangue tels que les mangues séchées, le nectar et la confiture de mangue ainsi que ceux de l’anacarde qui sont essentiellement les cacahuètes d’anacarde. Ces produits industrialisés connaissent des difficultés de distribution comme c’est souvent le cas pour tout nouveau produit. Mais il est bon de relever des actions que nous avons menées pour une vulgarisation de ces produits. En effet, de 2010 à 2012, la Direction Régionale de l’Industrie du Kabadougou a organisé successivement, une séance de dégustation, une semaine de produits du Nord et la Boutique du ramadan, en 2012 au carnaval de Bouaké. Ces différentes actions de promotion ont besoin d’être appuyées au plan national pour que ces produits puissent conquérir le marché national et international. Dans notre matrice d’action prioritaire où la transformation, la recherche de la qualité et la maîtrise des circuits de distribution occupent une place de choix. La Direction Régionale de l’Industrie du Kabadougou-Folon mettra en œuvre au cours de l’année en cours une politique de promotion des produits. Une journée de dégustation des produits est en préparation. Les produits des unités industrielles du Kabadougou, à savoir SITA et COFRUNO dont les productions industrielles proviennent de l’anacarde et des mangues seront exposés dans les capitales politique et économique avant la fin de l’année 2013. Tous ses produits ont connu l'internationalisation! qu'en est-il d'une structure pour régir les prix pour faire profiter les agriculteurs des bénéfices? Des structures existent. Il s’agit entre autres de l’ARECA (Autorité de Régulation de l’Anacarde et du Coton), de l’ANAPROCAJOU, de l’INTERCAJOU adossé au FIRCA. Malheureusement ces structures ne sont pas encore parvenues à maîtriser le marché international de sorte à permettre aux agriculteurs d’avoir des bénéfices conséquents. Une seule voie me semble être la solution. Il s’agit de la transformation en Côte d’Ivoire de ces matières premières agricoles en produits semi-finis et finis.
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