Koné Siaka ( AIGF): ''Le 17 juin 2015, c'est le numérique, tout ce qui est analogique devrait être éteint''
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Koné Siaka ( AIGF): ''Le 17 juin 2015, c'est le numérique, tout ce qui est analogique devrait être éteint''

Koné Siaka ( AIGF): ''Le 17 juin 2015, c'est le numérique, tout ce qui est analogique devrait être éteint''

Interview réalisée par Patricia Omou et Didier N'D | Lu 1610 fois | Publié

Créée par ordonnance n°2012-293 du 21 Mars 2012 relative aux télécommunications et aux technologies de l'information, l'Agence Ivoirienne de Gestion des Fréquences Radioélectriques (AIGF) est l'entité spécialisée dans la gestion des fréquences radioélectriques. Comment gérer quelque chose qu'on ne peut voir à l'œil nu? Quelles sont les dispositions prises par l'AIGF pour sortir la Côte d'Ivoire de l'analogique et passer au numérique? C'est là le rôle que s'est assigné l'AIGF conduite par son Directeur général, Koné Siaka qui donne des détails sur l'avenir de la télévision analogique.

RTI.CI: Monsieur Koné Siaka, qui êtes vous et quelles sont les attributions, missions et prérogatives de votre structure? Koné Siaka: Merci! Je suis Koné Siaka, Ingénieur Télécoms et Directeur général de l'agence Ivoirienne de gestion des fréquences radioélectriques. Nous gérons les fréquences et surtout les ondes. L'onde ne respecte pas de frontières et n'est pas visible à l'œil nu. Comment gérer quelque choses qu'on ne voit pas à l'œil nu? c'est cela notre mission. La gestion se fait a deux niveaux. La première de façon administrative et la seconde de façon technique. Je dirais que la gestion même est faite grâce a un ensemble de conventions. C'est la même quantité de fréquences dont dispose l'Europe, l'Amérique et l'Asie. L'AIGF est le contrôleur des sites et des activités radioélectriques. Elle planifie, donne des missions d'autorisations des sites radioélectriques avant de les implanter. Il existe trois structures concernant la gestion réelle des fréquences, autorisations, et de la régulation à savoir l'AIGF, l'ARTCI (l'autorité de régulation des télécommunication et des postes), l'ANSUT (L'Agence nationale du service universel des télécommunications) et chacun évolue dans un domaine bien précis. Que fait concrètement l'AIGF? L'AIGF s'appuie au plan international sur des lois et conventions de gestion (règlements des radios et télécommunications) qui constituent la base. Au niveau national l'on fait une traduction, une transposition de ces règlements en tenant compte de nos exigences aussi. Toutes les administrations sont invitées à travailler en défendant leurs intérêts, mais et surtout l'intérêt de leur pays en matière de services offerts à la population. L'audiovisuel est -il régulé par l'ARTCI ou l'AIGF? Non, l'audiovisuel n'est pas concernée par l'ARTCI et l'AIGF. Elle est gérée par une autorité que vous connaissez bien avec laquelle nous travaillons, la Haute autorité de la communication et de l'audiovisuel (HACA). Elle possède toutes les autorisations pour mieux gérer l'audiovisuel. L'audiovisuel avance avec la TNT, la télévision numérique de terrestre. A quand son arrivée en Côte d'Ivoire? Désormais l'interactivité est demandée et le téléspectateur veut intervenir directement avec sa télé. La TNT se pose donc comme une innovation. Sur le plan technique, nous avons commencé cette planification depuis 2006 et nous venons à peine de terminer les canaux . La planification de fréquences est donc achevée pour l'AIGF. Les canaux qui doivent servir pour faire la télévision numérique sont prêtes. Les émetteurs aussi se doivent d'être numériques. Autrefois, un canal pouvait supporter un seul programme, à ce jour au plan national un canal avec le numérique on pourra mettre environ 20 canaux. Les populations devront - elles changer de télévision? C'est vrai c'est le souci majeur. Il y a des pays qui se sont lancés tôt dans cette aventure du numérique. Depuis 2012, on aurait dû éteindre tout ce qui est analogique. Aucun pays n'était prêt. Même l'Europe. A la RTI, on numérise les centres émetteurs, cela est une bonne chose pour les populations. On est en train de minimiser les charges au niveau des populations, et on se doit donc d'informer la populations. On a réfléchi et décidé de se mettre en groupe et essayer de faire des tests au niveau sous-régional. Plus la quantité est grande, plus le constructeur peut fabriquer autant d'appareils à moindre coût. Mais dans un premier temps, on souhaiterait passer par les décodeurs pour permettre à tout un chacun de pouvoir bénéficier des premiers instants de la mise en ligne de la télévision numérique. Comment voyez vous l'évolution de la Côte d'Ivoire par rapport à l'échéance 2015? D'aucuns pensent que nous sommes en retard. Mais, on a bien fait d'attendre. Je prends le cas d'un pays comme le Rwanda qui a décidé de passer directement au numérique. Ils ont fait des choix et il fallait regarder le standard à mettre en œuvre. Deux années après les standards ne donnaient plus la meilleure performance. Ils sont tous revenus avec nous et on a trouvé un standard avec une technique de compression viable. Les fréquences radioélectriques sont une ressource rare à ne pas gaspiller. La feuille de route est claire, le 17 juin 2015 à minuit, vous verrez les images de la télévision numérique'.
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