Laurent Gbagbo contre la CPI, les enjeux d’un marathon juridique.
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Laurent Gbagbo contre la CPI, les enjeux d’un marathon juridique.

Laurent Gbagbo contre la CPI, les enjeux d’un marathon juridique.

Frédéric Goré-Bi/RTIinfo | Lu 5687 fois | Publié

Le procès de la Cour Pénale internationale contre Laurent Gbagbo qui avait été suspendu pour diverses raisons a repris ce 1er octobre 2018. Les enjeux du dernier virage de ce procès marathon divergent d’un camp à l’autre. Pour les avocats de l’ex-chef d'Etat ivoirien, il s’agit d’obtenir son acquittement, faute de preuves probantes présentées par l’accusation. Quant au bureau du Procureur, il va s’évertuer à convaincre les juges de la culpabilité du mis en cause.

Laurent Gbagbo comparait à La Haye pour son rôle présumé dans la crise postélectorale de 2010-2011 qui a fait 3000 morts. Accusé de « crimes contre l’humanité » et « crimes de guerre », il est le Premier ex-chef d'État remis à la Cour pénale internationale (CPI).

Le conseil de Laurent Gbagbo estime qu’après le passage de 82 témoins (militaires et civils) devant la Cour pour prouver le contenu du document des charges du Procureur et la présentation de milliers de documents et des centaines d'heures de vidéos, l’accusation n’a pas été capable de prouver la culpabilité de l’ex-président ivoirien.

Maître Emmanuel Altit et ses confrères exigent donc « un non-lieu total » pour toutes les charges et pour tous les « modes de responsabilité », ainsi que la « libération immédiate » de leur client. dem pour la défense de Charles Blé Goudé qui demande une relaxation pure et simple de l’ex-leader de la galaxie patriotique, accusé d’avoir dirigé des hommes ayant tué et violé des centaines de personnes pour maintenir Laurent Gbagbo à la tête du pays.

Une thèse que réfutent et récusent les avocats représentant la Côte d’Ivoire et la celle de la représentante légale des victimes.

En effet, dans un communiqué diffusé via les médias, ces avocats ont déclaré que « l'ancien chef de l'État ivoirien se prépare à demander un non-lieu avant même que le procès soit achevé et que les témoins de la défense aient été entendus. C'est un coup de bluff qui n'abusera personne ».

Une « tactique d'audience » dans cette demande de non-lieu qui est "extravagante", a pour sa part déclaré le gouvernement ivoirien. Des positions qui rejoignent celle du bureau du procureur qui poursuit Laurent Gbagbo pour son rôle majeur dans la crise post-électorale.

Démarrée le 28 janvier 2016, la première partie du procès de Laurent Gbagbo à la CPI a connu plusieurs rebondissements. D’abord il y a eu le passage du dernier témoin de l’accusation le 19 janvier 2018 en la personne du docteur Hélène Yapo-Etté, médecin-légiste. Mais avant cela, le 12 mai 2014, la Cour pénale internationale annonçait dans un communiqué, la confirmation des quatre charges d’inculpation contre Laurent Gbagbo par la Chambre préliminaire.

Le 19 juillet 2017, le juge Piotr Hofmanski qui présidait la Chambre d’appel a demandé à cette chambre, de de procéder à un nouvel examen de la question du maintien en détention ou la mise en liberté provisoire avec ou sans conditions de Laurent Gbagbo. 

Une liberté provisoire qui sera refusée à maintes reprises par la CPI arguant que  l’existence d'un réseau de partisans de M. Gbagbo, pourrait l'aider à échapper à la justice. En attendant de situer la responsabilité des uns et des autres dans la crise post-électorale qui a fait trois mille morts, le monde entier a les yeux rivés la cour pénale internationale qui joue sa crédibilité et sa légitimé dans ce procès.

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