Le suicide, un fléau dur à combattre dans une Corée qui prône le stoïcisme
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Le suicide, un fléau dur à combattre dans une Corée qui prône le stoïcisme

Le suicide, un fléau dur à combattre dans une Corée qui prône le stoïcisme

afp | Lu 1138 fois | Publié

La pression scolaire et professionnelle, un développement économique à marche forcée et la disparition du modèle familial traditionnel sont évoqués pour expliquer le taux de suicide record en Corée du Sud. S\'y ajoute la réticence à demander de l\'aide, dans une société qui prône le stoïcisme.

Selon les chiffres publiés début septembre par le ministère de la Santé, le taux de suicide en 2009 était de 33,8 pour 100.000 personnes, deux fois supérieures au taux français et le plus élevé pour les pays de l'OCDE, qui regroupe principalement les pays développés. Loin derrière viennent la Hongrie (23,3 pour 100.000) et le Japon (22,2). Chaque jour, près de 50 personnes mettent fin à leur jour en Corée du Sud. "C'est une société très stressante où le succès matériel pèse trop lourdement sur l'esprit des gens", estime Lee Dong-Woo, psychiatre et porte-parole de l'association de neuro-psychiatrie de Corée. "Le succès économique s'est accompagné d'une pression intolérable pour la réussite à l'école et au travail", ajoute-t-il. Le gouvernement a pris quelques mesures pratiques, comme l'installation de portes automatiques sur les quais de métro. Les désespérés se sont alors tournés vers les ponts de la capitale, poussant les autorités à placer des caméras de surveillance. Les sites internet susceptibles d'encourager au suicide sont également surveillés. Une loi introduite en mars, conçue pour encourager "une culture respectueuse de la vie", comprend des mesures à plus long terme: une enquête nationale sur le sujet, la création d'un service d'appel 24H sur 24 et d'un réseau national de centres de prévention du suicide. Mais les autorités sanitaires et les experts savent que faciliter l'accès à une aide médicale et psychologique n'a qu'un effet limité dans un pays qui valorise le stoïcisme et l'autonomie. "Les Coréens sont très réticents à parler de problèmes mentaux, par peur d'être stigmatisés au sein de la société et discriminés au travail", souligne Lee Jung-Kyu, directeur adjoint au ministère de la Santé. Pour 100 Coréens souffrant de problèmes psychologiques, seuls 15 demandent une aide médicale, contre 35 à 40 aux Etats-Unis, Nouvelle-Zélande ou Australie, ajoute le fonctionnaire. "C'est un problème difficile à résoudre". La sécurité sociale coréenne prend en charge l'aide psychiatrique mais les gens ont peur du "Code F" --le sigle qui désigne des soins psychiatriques, apposé sur le dossier médical. "Beaucoup ont peur des chuchotements dans leur dos", renchérit Kim Sung-Il, de l'Association coréenne pour la prévention du suicide. "Ils craignent aussi de ne pas pouvoir ensuite prendre une assurance".
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