Crise à l’Université : La CNEC durcit le ton et exige la libération immédiate de son secrétaire général
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Crise à l’Université : La CNEC durcit le ton et exige la libération immédiate de son secrétaire général

Crise à l’Université : La CNEC durcit le ton et exige la libération immédiate de son secrétaire général

RTI Info/Boris Odilon Blé |Dorcas Loba (Stagiaire) | Lu 1940 fois | Publié Il y a 29 jour(s)

Quel dénouement à la crise qui secoue les universités publiques de Côte d’Ivoire ? Le lundi 18 février 2019, les enseignants Johnson Kouassi Zamina et Dade Joël ont été mis aux arrêts et sont dans l’attente d’un jugement. Face à ce qu’ils qualifient de non-respect du principe de la liberté d'exercice du droit syndical, des enseignants ont organisé ce jeudi 21 février 2019 une marche dite "verte" à l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody (UFHB) pour exiger leur libération.

Ils étaient une quarantaine ce matin, vêtus dans leurs toges vertes, à participer à cette marche pacifique de protestation dite "verte" organisée par la Coordination nationale des enseignants du supérieur et des chercheurs de Côte d’Ivoire (CNEC). Des enseignants, accompagnés dans leur élan par des étudiants, ont marché de l’entrée de l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody côté "Ecole de police" au parvis de la présidence de ladite université.

>>>A LIRE ⇒  La Marche Verte des Enseignants de la CNEC

Encadrés par la police, les marcheurs ont réclamé la "libération immédiate, sans conditions et sans conséquences administratives et judiciaires du secrétaire général de la CNEC Johnson Kouassi Zamina et de Dade Joël". Ils ont aussi demandé "l’annulation pure et simple des sanctions à l’encontre des 11 enseignants sanctionnés" et "la révocation de Abou Karamoko et Diomandé Mamadou Ahmed, respectivement Président et secrétaire général de l’Université Felix Houphouët-Boigny".

Comment en sont-ils arrivés là ?

Selon un communiqué de la présidence de l’Université datant du mercredi 20 février, dont RTI Info reçu copie, le lundi 17 décembre 2018, un groupe de "08 enseignants surexcités" est entré avec violence dans la salle de réunion de la présidence pendant que se tenait la réunion hebdomadaire du Comité de Direction de l’UFHB. Ces enseignants ont "proféré des menaces à l’encontre du Président et de ses collaborateurs".

Face à cette attitude que le Comité de direction a jugé "inadmissible et intolérable", il a adressé une demande d’explication à chaque enseignant qui est restée sans suite. Un Conseil extraordinaire de l’Université a été convoqué le mardi 15 janvier 2019 qui n’a pas pu aller à son terme. "Johnson Kouassi Zamina a empêché le déroulement du Conseil de Discipline", indique le communiqué signé du Président de l’UFHB. Ajoutant que "lui et le groupe des mis en cause sont entrés dans une grande colère et ont perpétré des actes d’une rare violence, notamment en saccageant le matériel installé pour la pause-café et en séquestrant tous les membres du Conseil pendant une demi-heure".

>>>A LIRE ⇒ La déclaration de la présidence de l'Université de Cocody

Le Conseil de Discipline interrompu le 15 janvier 2019, s’est finalement tenu, le 29 janvier 2019 et a décidé de la suspension de 02 enseignants de toutes activités académiques pour une période d’un an, avec interdiction de présence sur les campus, pendant toute la durée de cette suspension. Les 06 autres ont été blâmés. Suite à ces sanctions, la CNEC a décidé d’une grève d’un an à partir du 04 février 2019, de la suspension de toute activité académique dans l’ensemble des structures universitaires. La seule condition à toute reprise étant la révocation du Président et du secrétaire général de l’UFHB.

Le 15 février 2019, un autre Conseil d’Université mué en Conseil de Discipline s’est tenu pour entendre 11 enseignants-chercheurs sur les faits de violences et voies de fait, destruction des biens de l’État, séquestration des membres du Conseil de l’Université parmi lesquels des personnalités extérieures, profération d’injures et menaces verbales de mort. À l’issue de leurs auditions pour les faits qui leur sont reprochés et après la plaidoirie de leur avocat, le Conseil a délibéré et a pris les sanctions suivantes :

- deux (2) enseignants suspendus pour une durée de six (06) mois à inscrire aux dossiers des intéressés, suspension assortie d’une interdiction de présence sur l’espace de l’université ;

- cinq(2) autres suspendus pour une durée d’un (1) an à inscrire aux dossiers des intéressés assortie d’une interdiction de présence sur l’espace de l’université ;

- quatre (4) dont le porte-parole JOHNSON Kouassi Zamina, ont été révoqués.

"Malgré les sanctions, Johnson Kouassi Zamina à la tête d’un groupe a braqué des copies d’examen d’étudiants de la faculté de sciences économiques. Nous avons alerté la police qui a retrouvé ces copies au siège de la CNEC. C’est ainsi qu’il a été appréhendé et arrêté" confie Atta Koffi, vice-président de l’UFHB.

>>>A LIRE ⇒ L'intégralité de la déclaration du CNEC

Joint au téléphone par RTI Info le mardi 19 février, Johnson Kouassi Zamina donne une autre version des faits. "Je me suis rendu le lundi 18 janvier 2019 à la préfecture de police m’enquérir de l’état d’un enseignant arrêté. Sur place on me signifie qu’on doit m’entendre pourtant je n’ai reçu aucune convocation. On m’a auditionné et on m’a gardé au violon où j’ai passé la nuit. Le mardi 19 février, nous avons été conduits au violon du parquet d’Abidjan", dit-il avant d’ajouter "la CNEC va durcir le ton (…), c’est le moment ou jamais de bander nos muscles".

Quelles solutions à la crise ?

"Nous sommes en Afrique, nous leur demandons de venir présenter des excuses. Après ça, un Conseil va se réunir pour prendre une décision. Pour ce qui est des décisions de justice, ce n’est pas de notre ressort", clame le vice-président Koffi Atta.

Pour une amélioration des performances en milieu académique, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, organise une concertation nationale du 27 février au 1er mars 2019, à l’université Félix Houphouët-Boigny et à l’École normale supérieure à Abidjan-Cocody. Cette concertation nationale vise, entre autres, à faire le diagnostic du système d’enseignement supérieur et de recherche scientifique.

Coté étudiants, on ne réclame qu’une chose : "la libération des enseignants et le règlement pacifique de cette crise pour une reprise effective des cours dans un climat apaisé".

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