Oxfam appelle à une action pour éviter que la sécheresse se mue en catastrophe en Afrique de l\'ouest et centrale
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Oxfam appelle à une action pour éviter que la sécheresse se mue en catastrophe en Afrique de l\'ouest et centrale

Oxfam appelle à une action pour éviter que la sécheresse se mue en catastrophe en Afrique de l\'ouest et centrale

AIP | Lu 2968 fois | Publié

L’organisation internationale Oxfam appelle à l’action pour éviter que la sécheresse qui sévit actuellement en Afrique de l’ouest et centrale ne se mue en catastrophe pour 13 millions de personnes. \"Des millions de personnes devront bientôt faire face à une crise majeure. Tous les signaux indiquent que la sécheresse évoluera bientôt en catastrophe si rien n\'est entrepris. Le monde ne peut rester sans rien faire. Une action d\'aide humanitaire concertée est nécessaire pour prévenir la mort de dizaines de milliers de personnes dont la communauté internationale sera responsable si elle ne se mobilise pas\", a prévenu le directeur régional d\'Oxfam en Afrique de l\'ouest, Mamadou Biteye, dans un communiqué dont l’AIP a reçu copie vendredi. L\'organisation humanitaire Oxfam sollicite donc une aide d\'urgence de 37 millions de dollars (environ 18,5 milliards de FCFA) pour venir en aide à plusieurs milliers de personnes vulnérables au Tchad, Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et au nord du Sénégal où les taux de malnutrition oscillent entre 10 et 15%. Selon Oxfam, la crise est provoquée par la combinaison de nombreux facteurs dont la sécheresse, des prix alimentaires très élevés, une pauvreté endémique et des conflits régionaux. Dans toute la région, les prix des denrées alimentaires sont en moyenne de 25 à 50% plus élevés que la moyenne de ces cinq dernières années. Ils pourraient même encore augmenter de 25 à 30% d\'ici au pic de la période de soudure (la période entre l\'épuisement des stocks alimentaires et le début des nouvelles récoltes) entre juillet-août, augmentant ainsi le risque de malnutrition sévère pour les familles les plus vulnérables, alarme-t-on. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la production agricole dans la région est de 25% inférieure à celle de 2010. \"La récolte de céréales est en baisse de 1,4 million de tonnes (tonnes métriques) pour les six pays du Sahel. Le pays le plus touché, la Mauritanie, a connu une baisse de 52% de sa production céréalière, tandis qu\'au Tchad et au Niger, celle-ci a baissé respectivement de 50 et 27%\", explique-t-on. Bien que les récoltes aient été bonnes dans les pays voisins exportateurs que sont le Bénin, le Nigeria et le Ghana, il est peu probable que les surplus soient suffisants pour couvrir les besoins alimentaires dans le Sahel. La sécurité, l\'incapacité des commerçants, à poursuivre leurs activités et l\'introduction de barrières au commerce dans plusieurs pays rendent également plus difficile la circulation des denrées alimentaires. L\'aide alimentaire achetée localement est actuellement de 15 à 20 pour cent moins chère que sur les marchés internationaux mais, compte tenu des prix élevés et de l\'incertitude quant à l\'approvisionnement, acheminer de la nourriture sera bien plus couteux que lors de la crise alimentaire de 2010. Oxfam évoque également le conflit militaire au nord du Mali qui a jeté des milliers de personnes dans les pays limitrophes et les violences au Nigeria qui ont également provoqué une diminution importante des volumes de céréales exportés vers le Niger et le Tchad. \"Les prochaines récoltes n\'étant pas attendues avant octobre, une action humanitaire concertée est indispensable\", estime l’organisation internationale humanitaire, qui évalue à plus d\'un million le nombre d\'enfants faisant face à un risque de malnutrition sévère.
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