Insécurité et sentiment d'insécurité : Le Préfet d'Abidjan se prononce
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Insécurité et sentiment d'insécurité : Le Préfet d'Abidjan se prononce

Insécurité et sentiment d'insécurité : Le Préfet d'Abidjan se prononce

Vincent Toh Bi Irié, Préfet d'Abidjan | Lu 423 fois | Publié Il y a 11 jour(s)

Ce sont deux notions distinctes dont la confusion crée souvent des débats ou erreurs de jugement.

L’insécurité, c’est un ensemble de faits vérifiables : le nombre de vols à main armée, de bandits interpellés, de dealers de drogue arrêtés, d’accidents, d’attaques de domiciles , de blessés ou tués par armes à feu ou armes blanches, de meurtres , de vol à la roulotte, d’armes saisies, de corps retrouvés, etc.

Le sentiment d’insécurité, c’est un état psychologique collectif temporaire, découlant de phénomènes tels que la rumeur, les réseaux sociaux, les unes des journaux.

Une information fausse ou vraie relayée de différentes façons par plusieurs supports de communication créera un sentiment d’insécurité. Exemple : Les sexes masculins qui disparaissent, l’enlèvement d’enfants, la présence d’un tueur dans la ville, un meurtre non élucidé.

Nous avons observé par exemple que chaque fois qu’un organe de communication met à sa grande Une des enfants avec des machettes ou des corps morts, il surgit consécutivement un pic de réactions exprimant une insécurité mentale.

Le sentiment d’insécurité peut naître aussi d’un braquage spectaculaire ( détournement du fourgon de la SOTRA, attaque d’une banque) ou d’une mort violente ( La défunte jeune étudiante Larissa gisant dans une mare de sang au lever du jour à Yopougon).

Ces derniers faits créent une forte onde émotionnelle qui ébranle une bonne partie de la population et lui donne l’impression d’être en totale insécurité, même si les chiffres de criminalité sont en baisse drastique.

Mais l’insécurité et le sentiment d’insécurité ont la même finalité et le même effet : l’individu ne se sent pas rassuré.

Le Gouvernement lutte contre l’insécurité dans ma zone de compétence, le Département d’Abidjan, par tout ce que vous voyez tous les jours : l’équipement des forces de sécurité, la formation, la présence de milliers d’agents dans les Communes, la surveillance permanente des lieux publics ou stratégiques, les politiques sécuritaires nationales, les sensibilisations, l’adoption des lois de programmation militaire ou de sécurité intérieure.

C’est une action qui initie et qui accompagne le développement et le bien-être social.

Quant au sentiment d’insécurité, il peut être mitigé ou réduit par une bonne communication publique sur la vérité sur des faits délictueux ou sur des préoccupations de sécurité. C’est ce que font au quotidien les services de sécurité ivoiriens.

Le sentiment d’insécurité peut aussi disparaître par ce que j’appelle personnellement le DÉPLOIEMENT OSTENTATOIRE (sans aucune dimension péjorative) des forces de sécurité. Cela veut dire que certains citoyens, à juste titre d’ailleurs, se sentiront en sécurité seulement s’ils voient des Policiers et Gendarmes à chaque coin de rues, malgré les moyens modernes de sécurisation publique. Il faut donc les rassurer par cette autre approche.

La Police de proximité et les échanges avec les populations permettent également de décroître le sentiment d’insécurité.

Naturellement, tout le travail de prévention sécuritaire et de lutte sans relâche contre le banditisme est un outil d’éradication de l’insécurité autant que du sentiment d’insécurité.

Lorsque le Gouvernement dit que la sécurité s’est améliorée, c’est qu’il a combiné les statistiques de criminalité et l’état d’esprit des populations pour tirer des conclusions objectives. La constatation de réduction des chiffres n’est pas de fait une négation du sentiment de certaines populations, c’est une restitution des faits objectivement vérifiables. Ce sont ces statistiques qui permettent de dire que nous étions en 2010-2011 au même niveau d’insécurité que la Somalie et que nous sommes aujourd’hui 09 Mai 2019 au même niveau de sécurité que les grandes capitales occidentales.

Évidemment, celui qui a été témoin ou qui a subi un braquage sera d’un avis différent, en raison du traumatisme ou du choc émotionnel humain, qui en a résulté. Et cela se comprend tout aussi bien.

Mais dans une perspective sécuritaire, lorsque nous passons par exemple de 100 vols à main armée à Abidjan en une semaine à 2 vols à main armée en une semaine, nous apprécions ce résultat, fruit des efforts acharnés de toutes nos forces de sécurité, mais nous restons conscients et vigilants pour que ces 2 vols à main armée restants, eux non plus ne surviennent plus car l’objectif que nous assigne le Gouvernement, c’est 0 vol, 0 braquage, 0 drogue, 0 accident.

Qu’il n’y ait aucune criminalité du tout est ce qui est la norme. C’est cela l’objectif graduel du Gouvernement.

Il est évident que cet objectif doit s’atteindre aussi par la contribution des populations, par un comportement responsable et par une collaboration productive avec les forces de sécurité.

Ces lignes n’ont pas pour objectif de verser dans la polémique, mais plutôt d’expliquer aux populations d’Abidjan comment nous travaillons et dans quelle perspective nous apprécions les réalités.

La gouvernance nouvelle du Président de la République nous demande de décloisonner les perspectives pour que les populations comprennent le travail gouvernemental (que nous représentons à Abidjan) autant que nous comprenions les soucis des populations d’Abidjan auxquels le Gouvernement s’attelle à apporter des réponses satisfaisantes.

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