Sport / Eugène Marie Diomandé, ‘‘Nous nous devons de soutenir Joseph Anouma, \"
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Eugène Marie Diomandé, ‘‘Nous nous devons de soutenir Joseph Anouma, \"

L\'Intelligent d\'Abidjan | Lu 1833 fois | Publié

Après le titre historique de champion de Côte d’Ivoire acquis cette saison à la fin de la Super division, le président du Sewé Sport de San Pedro, Eugène-Marie Diomandé a accordé une interview exclusive à l’Intelligent d’Abidjan. Il revient sur son aventure avec le club portuaire, des objectifs du Sewé en Ligue des champions et surtout de la candidature de Jacques Anouma à la présidence de la Caf. Le ‘’Magicien’’ sans détour.

Peut-on savoir à quand remonte votre aventure avec le Séwé Sport de San Pedro? Cette aventure a démarré en novembre 2003, à l’initiative d’un ami du nom de Yebath qui m’a fait savoir que le Séwé était dans le creux de la vague. Et qu’il faillait faire remonter le club parmi l’élite. J’ai marqué mon intérêt pour prendre cette équipe de l’intérieur pour en faire un grand club. Dans le cadre de cette opportunité, j’ai été invité a rencontrer à San-Pedro avant l’organisation d’une assemblée générale élective, le maire de San-Pedro, monsieur Nabo Clément et le président du conseil général qui était Kla Slyvanus. Après échange, le maire a favorisé ma venue à San-Pedro en me proposant et en organisant l’élection. Et par la suite, le conseil général est venu à la rescousse en octroyant des aides pour réussir la mission. Ce qu’il faut savoir, c’est que le Sewé Sport de San Pedro est une équipe de la mairie de San Pedro. Le maire a donc favorisé mon arrivée pour mieux organiser ce club qui se porte à merveille aujourd’hui. Toutefois, il faut reconnaître qu’il y a eu certaines personnes qui ont tenté de raconter des mensonges pour créer une brouille entre le maire et moi. Mais en tant que son cadet, il était de mon devoir de m’approcher de lui pour expliquer la réalité. Dieu merci, le temps a fait son effet et tout est rentré dans l’ordre. J’ai voulu prendre en main une équipe de l’intérieur du pays pour apporter un plus au football ivoirien. Voici comment je suis devenu président du Séwé Sport de San Pedro. Vice-champion, finaliste de la coupe nationale à trois reprises, participation de ce fait aux coupes africaines et en 2012, vous enlevez le titre de champion de Côte d’Ivoire, pour la première fois de votre histoire. Un mot sur votre parcours… (Rires puis un air sérieux). Le palmarès du Séwé est rythmique, parce que nous avons été déjà vice-champion, finaliste de la Coupe nationale, nous avons remporté la Coupe Félix Houphouët-Boigny et cette saison nous sommes champions de Côte d’Ivoire. C’est vrai qu’au milieu de ce parcours, nous avons connu un accident avec une descente en Ligue 2. Mais cette descente n’était pas due à des erreurs de recrutement ou d’ordre financier. Elle était la conséquence d’un choix disciplinaire en fin de saison. Où nous nous sommes séparés des cadres de l’équipe. Parce que nous ne pouvions pas accepter l’indiscipline en fin de saison. Nous avons poursuivi la saison avec des jeunes qui ont une mentalité nouvelle. Une nouvelle génération dont faisait partie Goua Marc qui est devenu l’un des piliers de l’équipe. Nous leur avons expliqué notre projet pour reprendre notre place dans l’élite du football ivoirien. Et ils ont bien voulu nous accompagner dans ce projet. Il a fallu cet accident pour repartir de plus belle et progresser vers le sommet. Et je pense que c’est ce qui nous a valu ce titre. Le Séwé est champion, mais dans la douleur. Mauvaise entame de la Super division avec une défaite. Une avant dernière journée mouvementée face à l’Asec avec les casses au Champroux. Beaucoup de choses ont été dites après votre titre… Je reste serein. Vous savez, le football est fait de passion. J’ai gravi des échelons. Au football, j’ai été joueur, j’ai été consultant, je suis dirigeant de club depuis belle lurette. Avant le Séwé, j’étais président d’honneur de la Jeunesse club de Cocody. Ceci pour dire que j’ai l’expérience. Je ne succombe pas au climat de la passion. Les dirigeants doivent rester avant tout au-dessus de la mêlée et ne doivent pas se comporter en supporter. Je loue l’attitude de Me Roger Ouégnin qui, dans la mêlée et malgré la déception, a essayé de raisonner les actionnaires. Mais cela a été difficile. Et c’est à son corps défendant qu’il a vu les casses au stade Robert Champroux de Marcory. Je m’érige en avocat pour que la fédération tienne compte de cette attitude pour lever la sanction qui pèse sur l’Asec. Le football ivoirien ne peut pas se passer de l’Asec Mimosas. L’Asec Mimosas a besoin de son public et de ses dirigeants. Concernant ce match, je pense que l’arbitrage a été courageux et correct. Je n’ai pas vu l’injustice. Vous savez, au Séwé nous sommes habitués. Quand nous subissons un mauvais arbitrage, nous n’en parlons pas. Vous ne m’avez jamais vu récriminer l’arbitrage excepté la finale de la coupe nationale à l’époque face à l’Asec Mimosas. Nous n’avons rien cassé. Quand le président Bictogo se lamente dans la presse pour dire que les arbitres favorisent le Sewé après une défaite, je suis surpris parce qu’il a bénéficié d’un arbitrage hallucinant à San-Pedro, il y a un an. Mes joueurs ont pris huit cartons jaunes. Et son équipe a gagné par deux buts à zéro. Je ne m’en suis pas plaint. En Super division nous avons été frustrés par l’arbitrage, mais j’ai demandé à mes joueurs de ne pas en parler. Pourtant chaque fois qu’il y a quelques incertitudes concernant l’arbitrage, quelques erreurs, on nous fait porter le chapeau. Sur le penalty face à l’Asec Mimosas qui a provoqué la colère des supporters jaune et noir, je pense qu’il y a eu main. C’est l’attitude des joueurs de l’Asec qui a emmené l’arbitre à prendre cette décision. Parce qu’ils ont passé leur temps à ne pas jouer. Ils jouaient la montre de façon excessive. A provoquer des temps morts. Cette attitude a peut-être exposé l’arbitre. Sinon il y a eu main. Et là, c’est à la précision de l’arbitre. Selon la position de l’arbitre, il peut estimer que la main est involontaire ou que la main est décollée du sol. Toujours est-il qu’il y a eu main dans la surface de réparation. En ce moment, il y a penalty. Selon la règle Fifa. Maintenant, il ne faudrait pas que l’on tombe sous le coup de la passion et la colère. L’Asec a mal entamé la compétition et a cru que le miracle était possible. Elle a pensé qu’elle pouvait faire un parcours miraculeux pour revenir à la surface. Malheureusement, le Sewé était déterminé et avait les armes pour remporter le titre. Mais je rassure les Actionnaires et leurs dirigeants. Ils peuvent se sentir frustrés mais nous allons leur enlever cette frustration parce que nous allons confirmer notre suprématie sur le football ivoirien en conservant notre titre. Qu’est-ce qui a fait la différence ? Je pense que c’est la cohésion et le sens de la responsabilité de l’épine dorsale de l’équipe. Depuis deux ou trois saisons, nous avons une équipe compacte qui crée nécessairement un automatisme entre les joueurs. De plus, nous avions un bon groupe de joueurs qui alignaient la maturité et le sens de la responsabilité. Je parle de Goua Marc, Sangaré Badra , Stevens Foba, Yeboué Jules César... Ils ont su encadrer les plus jeunes et les nouveaux. Ils ne se sont pas départis de l’objectif qui était le leur. A savoir, faire en sorte que le Séwé atteigne un objectif majeur avant de faire valoir leurs droits ailleurs. Je remercie ces jeunes qui ont rempli leur contrat et qui méritent de connaître une carrière lucrative. Est-ce à dire que vous allez les libérer après ce titre historique ? Les relations que nous avons avec les joueurs étaient des relations consensuelles. De telles sortes que nous ne retenons pas un joueur contre son gré. Et nous pouvons comprendre (même s’il s’agit d’un joueur clé), qu’il puisse faire valoir ses droits ailleurs, si d’aventure il y trouve des intérêts financiers en fin de compte. L’objectif que nous poursuivons étant atteint, nous comprenons que d’autres joueurs poursuivent d’autres challenges sportifs ou financiers. Nous n’allons pas chercher à les retenir. Parce que depuis quelques années nous avons pris des engagements et chaque partie compte respecter les clauses de ce contrat moral. Bien avant la fin de la saison nous avons pris des joueurs qui pouvaient remplacer les ténors qui voudront quitter le club, de sorte que l’équipe se porte à merveille. Les dirigeants du Sewé tiennent un discours de vérité à leurs joueurs. Je ne peux pas retenir un joueur qui veut aller voir ailleurs, mais je vous rassure que le Sewé trouvera des joueurs pour remplacer certains cadres qui voudront aller monnayer leur talent. Il y en a qui ont quitté le club, mais nous essayerons de les remplacer valablement. Tout dirigeant de club n’est pas surpris par ce fait. La Fif vient de remettre un cahier de charges à chaque club évoluant en Ligue 1. Et ce, à l’initiative de la Caf. Ce cahier traiterait de la question de terrain d’entraînement, du salaire des joueurs et autre conditions à remplir pour prendre part aux compétitions africaines. Votre commentaire et comment sont traités vos joueurs? C’est vrai que c’est un besoin, mais personne n’a pratiquement pas de recettes. La subvention existe, mais elle est loin de couvrir les besoins en matière de salaires, de déplacements, de primes, etc. Il est clair que ce n’est pas le rôle de la Fif de pourvoir les clubs en moyens financiers. La subvention est subsidiaire, elle n’est pas principale. Quelque chose doit être faite pour tendre vers la professionnalisation. La décision est inique parce que le tissu économique des pays africains, en particulier la Côte d’Ivoire ne peut pas générer assez d’argent et n’a pas de structures privées pour faire face aux charges d’un club. C’est à l’Etat qu’incombe de trouver les mécanismes pour financer un club. C’est ce que les Etats ont compris au Maghreb, en Afrique du Sud, au Nigeria. En créant des mécanismes incitatifs pour que les entreprises privées et les hommes d’affaires prospères puissent être intéressés à prendre en charge les clubs. C’est à ce niveau qu’il va falloir porter la réflexion. Il faut qu’il y ait des décisions qui puissent inciter les structures privées et les hommes d’affaires à entrer dans le football. Sans compter qu’ils auront des compensations au niveau des engagements vis-à-vis de l’Etat. C’est cette décision qu’il va falloir prendre pour que les clubs sortent du cadre informel. C’est là que réside le problème. Les entrées au stade qui devraient rapporter de l’argent aux clubs sont gratuites et même quand c’est payant, les recettes sont insignifiantes. C’est difficile dans un tel cadre d’appliquer un cahier de charges. Il va falloir mener des réflexions à ce niveau. Parlant du traitement salarial, je ne suis pas différent de mes pairs présidents de clubs. J’ai souvent des soucis. Mais j’ai toujours pour soucis majeurs de faire face au traitement salarial des joueurs. Toutefois, il arrive des moments où ces engagements ont des retards ou ont des reports. Et à ce moment que nous voulons compter sur des joueurs responsables, des joueurs qui nous font confiance. Et c’est à ce niveau, nous dialoguons avec les joueurs. C’est ce qui fait que mes soucis apparaissent moins souvent au grand public. Sinon, je traite de la meilleure des façons mes joueurs selon mes moyens. J’essaie d’aider au maximum mes joueurs et ces derniers me comprennent dans les moments difficiles. Cependant, je ne me démarque pas de mes pairs. Quel sera l’objectif du Sewé en Ligue des champions ? L’objectif est de participer à la phase de poule, et pourquoi pas aller le plus loin possible. En finale. La cellule de recrutement est au travail depuis deux mois. Et nous allons tout faire pour ne pas nous arrêter au premier ou deuxième tour. C’est pour cela que nous comptons sur les facteurs. Il y a aussi les moyens, mais au-delà des moyens, il y a le facteur chance des tirages au sort. Si pour le premier tour, vous tombez sur une grande équipe, c’est sûr que vous allez batailler dur pour éviter l’élimination. Mais si nous tombons sur nos adversaires de la Coupe de la confédération de la saison dernière, nous aurons nos chances de passer ce tour. L’objectif majeur est de relever le défi pour le Séwé, la Fif et le football ivoirien. Nous allons tout faire pour accéder à la phase de poule. On a ouï dire qu’il est prévu une fête à San Pedro pour célébrer votre titre de champion de Côte d’Ivoire. Est-il prévu une fête et qui va l’organiser ? Je vous remercie pour cette question. Le Sewé Sport de San Pedro fait honneur à une ville en remportant le titre de champion de Côte d’Ivoire de football en 2012. Pour moi, il urge que ce trophée soit présenté à la population de San Pedro. Parce qu’elle a été aux côtés de cette équipe depuis toujours. Mais l’organisation de cette fête échoit aux autorités de San Pedro, avec à leur tête le maire. C’est dans ce cadre que le Préfet de San Pedro qui vient d’être remplacé, a demandé aux dirigeants du Sewé de reporter la célébration qui était prévue les 27 et 28 septembre derniers, au mois d’octobre afin d’impliquer les autorités de San Pedro. Ce que nous avons trouvé juste dans la mesure où l’équipe du Sewé appartient à la mairie de San Pedro. C’est le maire Nabo Clément qui m’a mis en mission et j’ai rempli avec brio cette lourde charge avec le titre de champion. Il est tout à fait normal que ce soient les autorités de San Pedro qui reçoivent l’équipe pour lui dire merci. Les joueurs, encadreurs, supporters et dirigeants du Sewé n’attendent que le signal du maire de San Pedro, par ailleurs ministre des Eaux et Forêts, du Préfet et des autorités et cadres de la région pour la fête au Sewé Sport. Au cours de cette fête qui pourra avoir lieu à partir du 20 octobre si nous nous entendons sur la date finale, tous ceux qui ont contribué à la réussite recevront un vibrant hommage. Ce sera le lieu d’un nouveau départ avec la mairie de San Pedro. Je remercie au passage, l’ex-président du Conseil général de San Pedro Sylvanus Kla qui a apporté beaucoup au Sewé. Donc, la fête au Sewé aura bel et bien lieu, mais tout est entre les mains des autorités de San Pedro. Jacques Anouma, votre compatriote veut briguer la présidence de la Caf à partir de 2013. Vos impressions sur cette candidature. Jacques Anouma est un ancien président de la Fif et un Ivoirien. Par conséquent, nous nous devons de le soutenir. Et sans jeter la pierre au président Issa Hayatou qui, à mon sens, a fait évoluer le football africain, il est temps de mettre fin à un système. Jacques Anouma n’est pas contre Hayatou mais sa candidature pourra mettre fin à certaines choses. L’ambition de Jacques Anouma est légitime et nous la soutenons. Toutefois, il faut qu’il soit en phase avec le président de la Fif, Sidy Diallo quand les circonstances seront favorables. Que voulez-vous dire concrètement ? (Rires). On se comprend.
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