Sport / CAN-2013 - Mali - Carteron: \"La situation n\'a jamais été aussi rassurante\"
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CAN-2013 - Mali - Carteron: \"La situation n\'a jamais été aussi rassurante\"

AFP | Lu 872 fois | Publié

Le sélectionneur du Mali Patrice Carteron a évoqué samedi pour l\'AFP la situation dans le pays et l\'impact de la guerre sur le moral des Aigles, qui entrent en lice dimanche à la CAN-2013 contre le Niger à Port Elizabeth.

Q: Comment s'est déroulée la préparation de l'équipe et quel est son état d'esprit avant vos débuts dans le tournoi? R: "La préparation s'est passée en deux temps, avec une première partie à Bamako, avec le souci, compte tenu de la situation, que les joueurs ressentent l'engouement autour de l'équipe. Les gens ont besoin de côtoyer cette équipe. Je voulais que les joueurs ressentent ça, ce que je vis depuis un an et mon installation à Bamako. L'atmosphère était fantastique alors que les gens sont si tristes à cause de la guerre. C'était incroyable avec près de 20.000 personnes aux séances d'entraînement. On voulait ensuite arriver rapidement à Port Elizabeth pour travailler durant une dizaine de jours pour s'adapter très vite aux conditions climatiques et se préparer dans les meilleures conditions." Q: Vos joueurs sont-ils préoccupés par la guerre qui se déroule au Mali? R: "La situation n'est pas récente, cela fait un an que le pays a été envahi. A la limite, la situation n'a jamais été aussi rassurante, encourageante et positive pour eux avec l'intervention de la France et la mobilisation de l'ensemble de la communauté internationale pour aider l'armée malienne sur le sol malien. Il y a plus matière à se dire que les choses vont dans le bon sens que d'être inquiets, même s'ils le sont forcément parce qu'ils ont leurs familles dans les différentes régions du Mali." Q: Sont-ils en contact régulier avec leurs proches et suivent-ils continuellement les évènements? R: "Bien sûr. Forcément. Mais ils sont habitués à cela depuis des mois. Ce n'est pas comme si le pays venait d'être envahi il y a dix jours." Q: La guerre au Mali a-t-elle donné plus de responsabilités à l'équipe nationale? R: "Depuis que j'ai été nommé, j'ai toujours trouvé les joueurs exemplaires par rapport au maillot et ce devoir de patriotisme. Mais il faut être très vigilant et ne pas tout confondre non plus. Le football doit rester un jeu et mettre trop de pression sur les épaules des joueurs, ça ne les servirait pas du tout. Le but c'est qu'ils soient heureux sur le terrain, légers et qu'ils puissent s'épanouir. Pas qu'ils se sentent chargés d'une mission qui ne soit pas à la hauteur de ce qu'ils sont capables de faire." Q: Vous allez donc adapter votre discours à la situation au pays? R: "Forcément. Dans les heures qui viennent, je vais faire très attention à ça parce qu'on a donné beaucoup de responsabilités aux joueurs alors que ce ne sont que des footballeurs." Q: Seydou Keita avait eu un discours très fort lors de la CAN-2012 en plaidant pour l'unité du pays au tout début de la partition du Mali. Joue-t-il toujours ce rôle de guide et de conscience morale de la sélection? R: "Il a toujours une pensée pour les gens du pays et a plein d'espoirs que la situation s'arrange. En tant que leader, il ne manque pas une seconde de penser aux gens qui en ont besoin même si son premier objectif est d'être prêt et performant." Q: Personnellement, comment avez-vous vécu ce conflit sur place? R: "J'ai surtout vu l'exode massif vers Bamako depuis plusieurs mois. La ville est surpeuplée aujourd'hui. Je sens beaucoup d'espoir et de solidarité. Le fait qu'on soit parti en Afrique du Sud juste avant l'intervention des forces françaises nous a permis de rester dans cette réalité. Mais c'était un peu à deux vitesses: il y avait une partie du pays qui était envahie mais à Bamako la situation restait normale et on était coupée de cette réalité qui était pourtant très proche. Par bonheur, la ville a été préservée."
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